Les Vertus du Ḥajj et les Points Essentiels
1.Les Vertus du Ḥajj
Le Ḥajj est une adoration d'une grande noblesse, c'est un immense bienfait.
✦ Première vertu : Un pilier de l'Islām
Le Ḥajj permet au musulman de parachever les piliers de sa religion.
En effet, l'Islām est fondé sur cinq piliers :
- L'attestation qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allāh et que Muḥammad est Son messager,
- L'accomplissement de la prière,
- L'acquittement de la Zakāt,
- Le jeûne du Ramaḍān,
- Le pèlerinage à la Maison d'Allāh pour celui qui en a la capacité.
Les quatre premiers piliers peuvent être accomplis avant l'âge de la puberté ou après. Quant au Ḥajj, il est celui qui reste en dernier : lorsqu'il l'accomplit, les piliers de l'Islām sont complétés en intégralité.
✦ Deuxième vertu : Il efface les péchés
Le Prophète ﷺ a dit :
Et dans une autre narration :
✦ Troisième vertu : Il améliore la vie ici-bas et repousse la pauvreté
Le Prophète ﷺ a dit :
✦ Quatrième vertu : De grandes récompenses à chaque étape
Le Prophète ﷺ dit à El-Anṣārī :
2.Quatre points essentiels pour le pèlerin
Serviteur d'Allāh, si tout cela est ainsi, il incombe au pèlerin de porter une attention particulière à quatre points essentiels dans son Ḥajj, afin que celui-ci soit agréé. Car le Prophète ﷺ a dit :
Le Ḥajj Mabrūr n'a pas d'autre récompense que le Paradis.
1- Premier point : Se préserver des péchés
Le croyant doit toujours veiller à se préserver des péchés, grands et petits. Mais cette exigence est encore plus impérative lors du Ḥajj, car Allāh a dit :
Le fuṣūq désigne toute sortie de l'obéissance d'Allāh par la désobéissance.
Le Prophète ﷺ a fait de la préservation des péchés une condition pour l'obtention du pardon :
« ...sans fuṣūq » — cela signifie : sans commettre de péchés. Et s'il flanche et qu'il tombe dans le péché, qu'il se hâte de se repentir d'un repentir sincère. Car le repentir sincère efface le péché. C'est un point auquel le musulman doit prêter une attention particulière durant son Ḥajj.
Parmi les péchés dans lesquels tombent certains pèlerins : la médisance, le mensonge, la moquerie envers les croyants, ou encore la cigarette, tout cela fait partie du fuṣūq qui pourrait priver le pèlerin de se faire pardonner ses péchés par la cause de son Ḥajj.
Et le plus grave et le plus abominable des péchés est le Shirk. Car certains pèlerins en viennent à invoquer autre qu'Allāh, ils demandent de l'aide à ceux qu'ils appellent les « Wali », ils invoquent les prophètes ou les anges, et c'est là le péché le plus vil, qu'Allāh nous en préserve.
Il convient donc au Pèlerin de veiller à ne pas commettre de péchés, petits ou grands, et s'il fait preuve de faiblesse et pèche, alors il doit immédiatement se repentir.
2- Deuxième point : Accomplir un Ḥajj conforme à la Sunnah
Le pèlerin doit s'efforcer de parfaire son Ḥajj autant que faire se peut, en suivant la Sunnah du Prophète ﷺ dans chacun de ses actes. Car le Ḥajj du Prophète ﷺ est un Ḥajj Mabrūr, et le Ḥajj Mabrūr n'a pas d'autre récompense que le Paradis.
3- Troisième point : Ne pas nuire aux croyants
Le pèlerin doit veiller à ne pas causer de tort aux croyants et à ne pas être à l'origine de leur mécontentement ou de leur énervement. Allāh dit :
Les savants ont expliqué le jidāl (les disputes) par deux interprétations, les plus solides étant :
- La première : se disputer lorsqu'ils sont à 'Arafāt ou lors d'un autre rite du Ḥajj.
- La seconde : contrarier son frère musulman jusqu'à le mettre en colère.
Le pèlerin doit veiller au bien être des croyants. C'est pourquoi le Prophète ﷺ ordonnait la sérénité et le calme lors du Ḥajj, afin que les pèlerins ne se causent pas de tort mutuellement.
Le pèlerin doit craindre Allāh concernant ses frères croyants, et qu'il s'efforce de ne pas leur causer de tort ni de les irriter.
4- Quatrième point : Être meilleur après le Ḥajj qu'avant
Le pèlerin doit s'efforcer d'être dans un meilleur état après son Ḥajj qu'avant. Les savants ont précisé qu'un des signes de l'acceptation du Ḥajj est que l'état de la personne après le Ḥajj soit meilleur qu'avant. Et c'est ainsi que certains Salaf ont interprété le Ḥajj Mabrūr : que la personne soit meilleure après son Ḥajj qu'elle ne l'était avant.
L'Iḥrām, La Mecque et Minā
1.L'Iḥrām et les trois types de pèlerinage
1- Les trois types de pèlerinage
Lorsque le musulman souhaite accomplir le Ḥajj et arrive au Mīqāt (l'endroit où l'on entre en état de sacralisation (en Ihrâm)), il a le choix, selon l'opinion de la grande majorité des savants, entre trois types de pèlerinage :
Il forme l'intention du Ḥajj seul.
Il forme l'intention de la 'Umra et du Ḥajj ensemble.
Il forme d'abord l'intention de la 'Umra, puis une fois celle-ci accomplie, il forme l'intention du Ḥajj durant la même saison.
2- Arrivée au Mīqāt
Les vêtements de l'Iḥrām
Pour l'homme : il doit se dévêtir de ses vêtements habituels et porter les vêtements de l'Iḥrām (les deux pièces de tissu blanc connues).
Pour la femme : elle porte ce qu'elle souhaite de ses vêtements, tant que ceux-ci ne sont pas ornés ou dotés de parure. Si elle continue à porter les vêtements qu'elle avait, il n'y a pas de mal, à condition qu'ils ne soient pas des vêtements attirants.
3- Préparation avant l'Iḥrām (actes recommandés)
Le Ghusl (la grande ablution)
Il est recommandé pour celui qui veut entrer en état d'Iḥrām de faire le Ghusl, même pour une femme en période de lochies (Nifās).
Lorsqu'Asmā bint 'Umays a accouché, le Prophète ﷺ lui a dit : « Lave-toi », bien qu'elle fût en période de lochies. Cela est donc légiféré pour quiconque veut entrer en Iḥrām.
L'hygiène corporelle
Les savants ont mentionné qu'il est recommandé pour celui qui veut entrer en Iḥrām de tailler sa moustache, couper ses ongles, et retirer les poils des aisselles et du pubis si besoin. Bien que cela ne soit pas mentionné dans un hadith authentique spécifiquement pour l'Iḥrām, le sens voulu est correct, et c'est recommandé pour celui qui en a besoin.
Le parfum
Pour l'homme : il est recommandé qu'il se parfume avant d'entrer en état d'Iḥrām, qu'il mette du parfum sur sa barbe et sa tête et avec son meilleur parfum. Ceci fait partie de la Sunna du Prophète ﷺ.
Pour la femme : il ne lui est pas permis de se parfumer, tant qu'elle sait qu'elle passera près d'hommes étrangers.
4- Le moment de l'Iḥrām
Il est recommandé d'entrer en état d'Iḥrām après une prière : soit après la prière obligatoire si c'est son moment, soit après le Witr si c'est après la prière de 'Ishā', soit après la Sunna des ablutions ou toute autre prière surérogatoire si ce n'est pas un moment de prière prescrite.
5- Comment entrer en état d'Iḥrām
Donc si le musulman fait sa prière puis entre en état d'Iḥrām c'est une bonne pratique et il en sera récompensé. Il pourra prononcer la formule de sacralisation pour entrer en état d'Ihram lorsqu'il sera dans son moyen de transport prêt à partir, lorsqu'il est bien installé dans son véhicule ou dans le car et s'apprête à quitter le Mīqāt, en prononçant l'une des formules suivantes selon son type de pèlerinage :
Pour le Tamattu' :
Pour le Qirān :
Pour l'Ifrād :
Puis lorsqu'il est sur le point de quitter le Mīqāt et d'atteindre les hauteurs, il est recommandé de redire la formule de sacralisation, comme le fit le Prophète ﷺ lorsqu'il gravit Al-Baydā', qui est l'endroit le plus élevé du Mīqāt de Dhul Houleyfa, puis il prononce la Talbiyah avec conviction forte sans le moindre doute et en méditant pleinement son sens :
6- La Talbiyah
Ceci est la Talbiyah du Messager d'Allah ﷺ qui répétait et il ajoutait parfois à sa Talbiyah :
Et il ajoutait aussi à 'Arafāt :
Il est également permis au musulman d'ajouter des louanges à Allāh dans sa Talbiyah, comme le faisaient les Compagnons comme Ibn 'Umar par exemple.
7- Élever la voix lors de la Talbiyah
La Sunnah pour les hommes est d'élever la voix lors de la Talbiyah autant que possible. Les Compagnons - qu'Allāh les agrée - élevaient la voix au point que leurs voix s'enrouaient avant d'atteindre Ar-Rawḥā'.
Et il est rapporté du Prophète ﷺ que le croyant qui prononce la Talbiyah, chaque pierre, chaque arbre et chaque motte de terre à sa droite et à sa gauche prononcent la Talbiyah avec lui.
Lorsque le musulman fait la Talbiyah, toutes les pierres, les arbres et les mottes de terres sèches autour de lui entendent sa Talbiyah et la répètent après lui, devant lui, derrière lui, à sa droite et à sa gauche. Et pour cela il est récompensé, car il est la cause de leur avoir fait faire une Sunna.
Ainsi, il a aussi la récompense de la Talbiyah de toutes les pierres, arbres et terre qui la prononcent. Donc plus il augmentera le son de sa voix, plus il se fera entendre et plus il sera récompensé...
Le pèlerin continue à prononcer la Talbiyah sans s'arrêter jusqu'à son arrivée à La Mecque.
2.L'arrivée à La Mecque
1- Entrée dans La Mecque
Le pèlerin continue à prononcer la Talbiyah jusqu'à ce qu'il aperçoive les maisons de La Mecque, qu'il soit en Tamattu', en Ifrād ou en Qirān. S'il continue la Talbiyah jusqu'à apercevoir la Ka'bah, c'est bien également, car les deux pratiques sont rapportées des Compagnons du Prophète ﷺ.
Le pèlerin entre dans La Mecque par le chemin qui lui est le plus facile, car le Prophète ﷺ a dit : « Tous les chemins de La Mecque sont des voies d'entrée. » Et celui qui vient de Médine, la Sunnah est qu'il entre par Kudey, car c'est le chemin le plus direct vers la Maison Sacrée.
2- Quand arrêter la Talbiyah
Tous les pèlerins arrêtent la Talbiyah à l'arrivée à La Mecque, mais de manière différente selon leur type de pèlerinage :
Le Mutamatti' arrête sa Talbiyah dès qu'il aperçoit les maisons de La Mecque ou la Ka'bah, afin de se consacrer entièrement à sa 'Umra.
Le Qārin et le Mufrid ne coupent pas la Talbiyah après le Ṭawāf et le Sa'y - ils continuent à la prononcer, car ils demeurent en état d'Iḥrām (contrairement au Mutamatti' qui va se désacraliser après sa 'Umra). Il n'est pas rapporté du Prophète ﷺ qu'il prononçait la Talbiyah durant le Ṭawāf ni durant le Sa'y.
Quant au Mutamatti', lorsqu'il a effectué le Ṭawāf, le Sa'y et le rasage ou le raccourcissement des cheveux, il sort de son Iḥrām et cesse de prononcer la Talbiyah, jusqu'à ce qu'il entre à nouveau en Iḥrām pour le Ḥajj le 8 de Dhul Ḥijjah.
À son arrivée, le Mutamatti' commence par faire ses ablutions s'il ne les a pas, et si c'est déjà le cas, cela lui suffit.
3- Entrée dans la Mosquée Sacrée
Lorsque le pèlerin arrive à la Mosquée Sacrée, il avance le pied droit et dit :
Ou bien il dit :
S'il combine les deux formules, c'est bien et c'est là l'opinion la plus solide parmi les savants.
3.Le Ṭawāf - Couper les cheveux - Le Sa'y
1- Le Ṭawāf
Si le pèlerin souhaite directement effectuer le Ṭawāf, la Sunnah est de s'y diriger immédiatement sans s'asseoir. Lorsqu'il arrive à la Maison, il effectue l'Iḍṭibā' (الاضطباع) : il découvre son épaule droite en faisant passer son vêtement sous son aisselle droite et en jetant les extrémités du vêtement sur son épaule gauche.
- Le Mutamatti' effectue le Ṭawāf de la 'Umra, qui en est un pilier.
- Le Mufrid et le Qārin effectuent le Ṭawāf al-Qudūm (ṭawāf d'arrivée), qui est une Sunnah selon la majorité des savants et une obligation pour les Malikites.
2- Le Sa'y et Se couper les cheveux
Lorsqu'il termine le Sa'y, il va se couper les cheveux, et par cela se termine sa 'Umra pour le Mutamatti'. Il sort de son état d'Iḥrām et peut porter ses vêtements normaux.
Pour les hommes : il a le choix entre raccourcir l'intégralité de ses cheveux ou raser complètement la tête. Le meilleur et le plus récompensé est le rasage complet, car le Prophète ﷺ a dit : « Ô Allāh, fais miséricorde à ceux qui se rasent. » Les Compagnons dirent : « Et ceux qui raccourcissent, ô Messager d'Allāh ? » Il répéta : « Ô Allāh, fais miséricorde à ceux qui se rasent. » Ils dirent à nouveau : « Et ceux qui raccourcissent ? » Il dit alors : « Et ceux qui raccourcissent. »
Pour les femmes : elle regroupe ses cheveux et coupe l'équivalent d'une phalange, sans dépasser cela.
Pour le détail complet du Ṭawāf et du Sa'y, les invocations, les manières de saluer la Pierre Noire, les invocations sur Ṣafā et Marwa, etc. — consulter le Guide de la 'Umra — Mâhî Bâyân.
Qu'est-ce qui est préférable — accomplir le Ḥajj à pied ou sur une monture ? Et le Prophète ﷺ a-t-il accompli le Ḥajj sur une monture ?
Nos savants ont divergé sur ce qui est préférable — faut-il accomplir le Ḥajj sur une monture ou à pied ? Et la divergence sur cette question est connue.
L'avis prépondérant est qu'il est préférable d'accomplir le Ḥajj sur une monture, pour trois raisons :
1. Le Prophète ﷺ a accompli le Ḥajj sur une monture. Cette règle s'applique ici : chaque fois que le Prophète ﷺ avait le choix entre deux choses, il choisissait la plus facile des deux, tant qu'elle n'était pas un péché. Le pèlerin a donc le choix entre accomplir le Ḥajj à pied ou sur une monture, et ce qui est préférable est ce qui est le plus facile.
2. Le Prophète ﷺ choisissait toujours la plus facile des deux choses lorsqu'il avait le choix, tant qu'il ne s'agissait pas d'un péché.
3. Le transport préserve l'énergie du pèlerin pour accomplir les rites dans les meilleures conditions. S'il allait à pied pour la plupart des rites, il pourrait s'affaiblir et peiner à effectuer le Ṭawāf, le Sa'y et autres.
Il est donc permis d'y aller à pied, et il est permis d'y aller sur une monture, que ce soit pour tout le Ḥajj ou pour une partie seulement. Mais ce qui est préférable, selon ce qui m'apparaît, et Allāh sait mieux, est de se déplacer sur une monture, pour ces 3 raisons :
- L'exemple du Prophète ﷺ
- La règle du choix de ce qui est le plus facile
- Car cela aide davantage à accomplir les rites d'adorations durant le Ḥajj et préserve l'énergie du pèlerin
Le 8ème jour de Dhul Ḥijjah : Minā — Yawm At-Tarwiyah
1- Rentrer en état d'Iḥrām
Le jour de Tarwiyah, c'est-à-dire le 8 Dhul Ḥijjah, le Mutamatti' (qui était sorti de son Iḥrām après sa 'Umra) entre à nouveau en état d'Iḥrām le matin après le lever du soleil pour accomplir le Ḥajj. Il fait tout ce qu'il avait fait au Mīqāt lors de son premier Iḥrām pour la 'Umra :
- Il se lave (Ghusl)
- Il se parfume
- Il revêt les deux pièces de l'Iḥrām : la partie inférieure (al-Izār الإِزَار) et la partie supérieure (ar-Ridā' الرِّدَاء)
- Il entre en état d'Iḥrām en prononçant l'invocation de sacralisation
- Il prononce la Talbiyah, qu'il ne s'arrêtera de prononcer qu'après avoir jeté les cailloux sur la Jamarat al-'Aqabah le jour du sacrifice
Pour entrer en état d'Iḥrām, il prononce l'invocation suivante :
Si le pèlerin craint un empêchement à l'achèvement de son Ḥajj (maladie, menstrues, danger...), il peut ajouter à sa formule de sacralisation la condition suivante selon l'enseignement du Prophète ﷺ :
Cette invocation est tirée du livre de Cheykh Al-Albânī. Rapporté par Al-Bukhārī et Muslim. Voir Ṣaḥīḥ Abī Dāwūd (1557) et Silsilat ul-Aḥādīth iṣ-Ṣaḥīḥa (2469).
Cette condition permet au pèlerin de sortir de l'Iḥrām sans sacrifice ni obligation de compensation si un obstacle majeur l'empêche de terminer son Ḥajj.
Si le groupe part à Minā dans la nuit du 8 de Dhul Ḥijjah et non le matin (c'est-à-dire la veille, le 7 de Dhul Ḥijjah en journée ou après le Maghrib, car le jour suivant commence après le Maghrib…), quand le pèlerin entre-t-il en Iḥrām ?
La meilleure situation est que le Mutamatti' entre en état d'Iḥrām dans le temps de Ḍuḥā le 8 Dhul Ḥijjah depuis l'endroit où il se trouve à La Mecque, sans se rendre à la Maison Sacrée ni ailleurs, et qu'il arrive à Minā avant le Ẓuhr du 8ème jour de Dhul Ḥijjah. Ceci est la Sunna. Donc s'il lui est possible de le faire, qu'il le fasse, car c'est en faisant cela qu'il aura le plus de récompense, même si le groupe est déjà parti la veille et qu'il connaît l'endroit et que cela ne lui porte pas préjudice, qu'il s'efforce d'obtenir la récompense.
En revanche, s'il risque d'être lésé parce qu'il ne connaît pas l'emplacement du groupe, et que s'il y allait seul il se perdrait et pourrait subir un préjudice, nous disons alors : pars avec le groupe, et aie dans ton cœur l'intention que si tu n'avais pas été contraint à cela, tu serais entré en état d'Iḥrām au moment de Ḍuḥā et tu te serais rendu à Minā le 8. Car dans cette situation, avec la permission d'Allāh, si tu as eu cette intention, la récompense de l'acte te sera inscrite, et tu pars avec le groupe la veille…
Est-il préférable que j'entre en Iḥrām depuis La Mecque dans la nuit du 8 (la veille) pour arriver à Minā déjà en état d'Iḥrām (même si on part le 7), ou vaut-il mieux retarder l'Iḥrām et entrer en Iḥrām à Minā au moment de Ḍuḥā le 8 ?
Ce qui est préférable est de retarder l'Iḥrām, car Minā fait partie du Ḥaram, et tu entres donc en Iḥrām au moment de Ḍuḥā le 8 depuis Minā.
2- Se rendre à Minā
Tous les pèlerins, qu'ils soient en Tamattu', en Ifrād ou en Qirān, se dirigent ensuite vers Minā. La Sunnah est d'y arriver avant le Ẓuhr. Le pèlerin y accomplit les 5 prières dans leurs temps respectifs en les raccourcissant, sans les regrouper :
- Ẓuhr : 2 unités
- 'Aṣr : 2 unités
- Maghrib : 3 unités
- 'Ishā' : 2 unités
- Fajr : 2 unités
Il passe la nuit à Minā, et reste jusqu'au lever du soleil du 9 Dhul Ḥijjah, puis se dirige vers 'Arafāt.
Le 9ème jour de Dhul Ḥijjah : 'Arafāt
1- Le départ pour 'Arafāt
Une fois le soleil levé, le pèlerin part pour 'Arafāt en prononçant la Talbiyah.
2- La halte avant 'Arafāt
S'il lui est possible de s'arrêter avant 'Arafāt, c'est bien. Car le Prophète ﷺ avait ordonné qu'une tente lui soit dressée à Namirah, un endroit proche de 'Arafāt mais qui n'en fait pas partie. Lorsqu'il arriva aux abords de 'Arafāt, il entra dans la tente, y pria le Ẓuhr ﷺ, et n'en sortit qu'au moment du Zénith.
Si le pèlerin peut s'arrêter avant 'Arafāt, c'est bien. Et s'il ne le peut pas, il entre directement à 'Arafāt, il n'y a pas de mal, El-Hamdulilah, Allah ne nous charge pas de ce que nous ne pouvons pas supporter... De nos jours, cette halte est difficile en raison de la foule, si le pèlerin dépasse ces endroits et se rend directement à 'Arafāt, il n'y a pas de mal.
3- La prière en arrivant à 'Arafāt
Juste après le zénith, il se rend à 'Urana, un endroit proche de 'Arafāt, où l'imam prononce un sermon. Ensuite, l'imam dirige les prières du Ẓuhr et du 'Aṣr, raccourcies et regroupées à l'heure du Ẓuhr :
- Un seul Ādhān pour les deux prières
- Un Iqāmah distinct pour chaque prière
- On ne prie rien entre les deux prières
4- La station à 'Arafāt
On se rend ensuite à 'Arafāt et on s'arrête aux rochers au pied du Jabal Raḥmah, si on y arrive. Autrement, on s'installe n'importe où, car il est autorisé de se positionner dans tout 'Arafāt.
Après sa prière, le Prophète ﷺ se rendit au Jabal al-Ilāl, que le commun des gens appelle Jabal ar-Raḥmah (la montagne de la Miséricorde). Il se tint auprès des grands rochers plats situés à la base de la montagne, qui existent encore aujourd'hui, sans y monter. Il n'est pas rapporté que les Compagnons présents avec le Prophète ﷺ ait gravi la montagne.
On se tient debout, tourné vers la Qiblah, les mains levées vers le ciel, on fait des invocations et on prononce la Talbiyah. Le Prophète ﷺ plaça la corde de sa chamelle entre ses mains, leva les mains ﷺ tout en étant sur sa monture, prononçant la Talbiyah, invoquant Allāh et disant :
C'est en effet la meilleure des invocations le jour de 'Arafāt, selon la parole du Prophète ﷺ :
« La meilleure des paroles que nous avons prononcée, les prophètes et moi, le jour de 'Arafāt, est : Lā ilāha illā llāhu waḥdahu lā sharīka lah... »
Et il disait également de temps en temps :
5- Invoquer encore et encore
Le Prophète ﷺ invoquait avec une grande ardeur. Il ne jeûnait pas et les gens voyaient qu'il ne jeûnait pas, il but tout en étant sur sa monture. Les Compagnons du Prophète ﷺ à 'Arafāt ne jeûnaient pas non plus.
Le croyant doit savoir que le jour de 'Arafāt est un jour immense. Car il n'y a pas de jour où Allāh affranchit davantage de ses serviteurs du Feu que le jour de 'Arafāt. Le pèlerin doit donc s'exposer aux miséricordes d'Allāh en multipliant le dhikr, les invocations, le Tahlīl (Lā ilāha illā llāh) et la Talbiyah. Car le Prophète ﷺ a dit :
Et dans un autre hadith :
S'il se fatigue, il peut se reposer afin de ne pas se lasser d'invoquer. Car si la fatigue prend le dessus pendant qu'il invoque, il est recommandé pour le croyant de s'allonger afin de se reposer un peu, puis de revenir aux invocations. S'il invoque debout, ou assis c'est bien, car le Prophète ﷺ invoquait sur sa chamelle.
Il continue ainsi jusqu'au coucher du soleil.
La nuit de Muzdalifah
1- Le départ de 'Arafāt
Lorsque le soleil se couche et que la lueur du crépuscule disparaît, le pèlerin quitte 'Arafāt et chemine avec douceur et calme, sans se précipiter, marchant avec sérénité. Le Prophète ﷺ faisait signe aux gens de la main en disant :
Il ne faut pas gêner les gens avec sa monture ou sa voiture, ni les pousser. Mais si l'on trouve devant soi une ouverture, on peut hâter la marche.
Il est donc prescrit au croyant de cheminer depuis 'Arafāt avec sérénité et douceur.
2- Arrivée à Muzdalifah : La prière
Lorsqu'il arrive à Muzdalifah, la Sunnah est qu'il commence immédiatement par la prière du Maghrib avant de déposer quoi que ce soit de sa monture, sauf ce dont il a besoin pour faire ses ablutions par exemple. Ce n'est pas une obligation, mais la Sunnah est que le pèlerin commence par la prière du Maghrib avant de décharger ses affaires. Puis après cela, s'il le souhaite il dépose ses affaires puis prie l'Ishā', et s'il le souhaite il prie directement l'Ishā'.
Le pèlerin prie le Maghrib et le 'Ishā' regroupés à Muzdalifah, en raccourcissant l'Ishā' :
- Ādhān puis Iqāmah → Maghrib en 3 unités
- Iqāmah → 'Ishā' en 2 unités
3- La nuit à Muzdalifah
Après la prière, il est de la Sunnah pour le pèlerin de s'allonger. Il n'est pas recommandé de parler avec ses compagnons, ni de ramasser les cailloux. La Sunnah est de s'allonger.
Et ce qui apparaît, et Allāh sait mieux, c'est que le Prophète ﷺ a prié le Witr cette nuit-là, même si cela n'est pas rapporté par une narration explicite. Mais le Prophète ﷺ n'abandonnait jamais le Witr, ni en résidence ni en voyage.
Ceci est attesté par le fait qu'Asmā' - qu'Allāh l'agrée - priait la prière de nuit à Muzdalifah, comme rapporté dans le Ṣaḥīḥ d'Al-Bukhārī, et demandait à son serviteur : « La lune s'est-elle couchée ? La lune s'est-elle couchée ? » Jusqu'à ce que lorsqu'il lui dit : « La lune s'est couchée », elle se mit en route.
Et cette prière, et Allāh sait mieux, est son Witr. Car le Witr au minimum est d'une unité et au maximum onze unités. Il est donc de la Sunnah pour le pèlerin de prier le Witr dans la nuit de Muzdalifah, selon ce qui nous apparaît, car le Prophète ﷺ y était assidu.
On dort ensuite jusqu'à la prière du Fajr.
4- La prière du Fajr à Muzdalifah
Lorsque l'aube apparaît, le pèlerin fait l'appel à la prière, fait l'Iqāmah et prie le Fajr. Il prie ensuite la Sunnah du Fajr avant la prière obligatoire, car le Prophète ﷺ y était assidu.
5- Les personnes faibles
Les personnes faibles qui sont toutes celles dont on craint qu'elles subissent un préjudice (comme les femmes et les personnes âgées), elles peuvent quitter Muzdalifah après la moitié de la nuit.
S'ils partent après le coucher de la lune, c'est bien. Quant aux personnes en bonne santé qui n'ont pas de femmes ou de personnes âgées avec eux, l'opinion la plus solide parmi les savants est qu'il ne leur est pas permis de quitter Muzdalifah de nuit, et qu'il leur est obligatoire de rester jusqu'à la prière du Fajr.
6- La station au Mash'ar al-Ḥarām
Si les personnes faibles partent de nuit, la Sunna pour elles est de s'arrêter au Mash'ar al-Ḥarām (الْمَشْعَرُ الْحَرَام). Le Mash'ar al-Ḥarām, c'est tout Muzdalifah selon la majorité des savants. C'était une montagne qui existait à Muzdalifah selon certains des Salaf elle a été enlevé et une mosquée y a été construite aujourd'hui, et c'est l'endroit où le Prophète ﷺ se rendit.
Mais le Prophète ﷺ a ordonné aux croyants à 'Arafāt et à Muzdalifah de se tenir dans n'importe quel endroit qui leur soit facile. Il dit à 'Arafāt : « Je me suis arrêté ici et tout 'Arafāt est un lieu de station. » Et il dit à Muzdalifah : « Je me suis arrêté ici et tout Muzdalifah est un lieu de station. »
Le pèlerin ne doit donc pas se charger d'aller jusqu'à la mosquée, ni aller vers les rochers à 'Arafāt, mais se tenir là où cela lui est facile, en invoquant Allāh.
Le Prophète ﷺ a accordé aux personnes faibles de quitter Muzdalifah après la moitié de la nuit, et l'avis le plus juste — celui de la majorité des savants — est qu'elles lancent les pierres dès leur arrivée à la Jamarat al-'Aqabah, que ce soit avant le Fajr ou après, car l'autorisation de partir de nuit leur a précisément été accordée pour éviter la pression des personnes fortes lors du jet.
Cependant, si elles retardent le jet de pierres jusqu'au lever du soleil, c'est préférable, mais il leur est permis de l'effectuer avant.
Le 10ème jour de Dhul Ḥijjah : Le jour du sacrifice — Yawm An-Naḥr
1- Après la prière du Fajr à Muzdalifah
Après la prière du Fajr, le pèlerin s'arrête au Mash'ar al-Ḥarām, fait face à la Qiblah, il fait le Takbîr (Allâhou Akbar), le Tahlîl (Lâ Ilâha Illa-llâh) et il fait des invocations. Il continue ainsi jusqu'à ce que l'aube soit bien avancée peu avant le Chourouq. Puis, il est de la Sunnah pour lui de quitter Muzdalifah et de ramasser les cailloux sur le chemin.
Il a été ramassé au Prophète ﷺ 7 cailloux sur le chemin après avoir quitté Muzdalifah. Ces cailloux doivent être de la taille de ceux utilisés pour le Khadhf (الخَذْف). La taille du Khadhf signifie donc que le caillou soit de la taille d'un pois chiche ou légèrement plus grand et plus petite qu'une noisette.
Le pèlerin ramasse 7 pierres à Muzdalifah (pour la Jamarat al-'Aqabah du jour du sacrifice le 10) et laisse le reste à collecter depuis Minā pour les jours suivants.
En revanche, s'il ne lui est pas possible de ramasser les pierres depuis Minā, parce qu'il n'en trouve pas à proximité de son emplacement, alors il n'y a pas de mal à ce qu'il ramasse toutes les pierres pour tous les jours suivants depuis Muzdalifah, puisque les pierres y sont disponibles en abondance. Il peut donc toutes les ramasser avant de quitter Muzdalifah.
| Jour | Jamarāt | Pierres |
|---|---|---|
| 10 Dhul Ḥijjah | Jamarat al-'Aqabah uniquement | 7 pierres |
| 11 Dhul Ḥijjah | 3 Jamarāt × 7 | 21 pierres |
| 12 Dhul Ḥijjah | 3 Jamarāt × 7 | 21 pierres |
| 13 Dhul Ḥijjah (pour celui qui reste) | 3 Jamarāt × 7 | 21 pierres |
2- Le trajet vers Minā
Le Prophète ﷺ prit le chemin qui lui était le plus facile vers la Jamarat al-'Aqabah. Il est donc Sunnah que le pèlerin prenne le chemin qui lui est le plus facile.
Et lorsqu'il arrive à la vallée de Muḥassir, l'endroit où fut stoppé l'éléphant qui devait détruire la Ka'bah, la Sunnah est d'accélérer le pas si cela lui est possible, car le Prophète ﷺ fit cela.
3- Le jet de pierres à la Jamarat al-'Aqabah
Lorsqu'il arrive à Minā, la première chose à accomplir c'est le jet des pierres à la Jamarat al-'Aqabah. Le Prophète ﷺ l'effectua dans le temps de Ḍuḥā. C'est là le meilleur des moments pour le jet des pierres et le plus méritoire, j'entends par là pour la Jamarat al-'Aqabah le jour de la fête de l'Aîd.
Le Prophète ﷺ lança les pierres en plaçant La Mecque à sa gauche et Minā à sa droite. Il disait Allāhu Akbar à chaque pierre lancée, soit 7 pierres au total, en disant Allāhu Akbar avec chaque pierre.
4- L'arrêt de la Talbiyah
Lorsqu'il termine le jet de pierres, il arrête de dire la Talbiyah, selon l'opinion la plus solide parmi les savants. Et parmi les savants, il y en a qui disent qu'il arrête la Talbiyah au début du jet de pierre. Mais ce qui m'apparaît le plus proche du texte apparent des narrations, et Allāh sait mieux, c'est que le Prophète ﷺ coupa la Talbiyah avec la dernière pierre.
5- Le sacrifice
Lorsque le musulman a lancé les sept pierres, il a ainsi terminé le jet de pierre de la Jamarat al-'Aqabah. Si le pèlerin a une bête à sacrifier, qu'il sacrifie lui-même, qu'il le fasse après le jet des pierres de la Jamarat al-'Aqabah. S'il mandate quelqu'un d'autre pour le faire, cela suffit El-Hamdoulilah.
6- Le rasage ou le raccourcissement des cheveux
L'homme rase ensuite sa tête. La Sunna est que le coiffeur commence par le côté droit de la tête, il prend le côté droit et rase la partie droite de la tête, puis il rase le côté gauche. C'est ainsi que fit le Prophète ﷺ et c'est ainsi qu'il ordonna au coiffeur de procéder, en commençant par le côté droit.
La Sunna et ce qui est meilleur pour l'homme est de raser complètement la tête au rasoir, car c'est meilleur pour lui que le raccourcissement. Le Prophète ﷺ a dit :
Et les gens disaient : « Et ceux qui raccourcissent, ô Messager d'Allāh ? » Et lui ﷺ disait : « Ô Allāh, fais miséricorde à ceux qui se rasent. » Ce n'est qu'à la quatrième fois qu'il dit : « Et ceux qui raccourcissent. »
Ainsi, lorsque le musulman rase sa tête, il obtient cette immense récompense !
Pour les femmes : il n'y a pas de rasage pour elles. Elles doivent uniquement raccourcir. La femme raccourcit en rassemblant ses cheveux et en prenant l'équivalent d'une phalange, sans dépasser cela.
7- La première sortie de l'Iḥrām (At-Taḥallul al-Awwal)
Lorsque le croyant a accompli cela, il est sorti du premier état d'Iḥrām. Il fait partie de la Sunna de se parfumer, sur sa barbe, sa tête et son corps, en se parfumant avec ce qu'il aime, car c'est redevenu autorisé pour lui (sauf les rapports conjugaux). Et le Prophète ﷺ fut parfumé par 'Āishah, qu'Allāh l'agrée, après qu'il soit sorti de son état d'Iḥrām avant de faire le Ṭawāf autour de Ka'bah.
Le jour du 10 de Dhul Ḥijjah, au moment de sortir de l'Iḥrām, comment savoir si le mandataire a bien sacrifié le Hady ?
Le sacrifice de la bête (El-Hadyi) n'a aucun lien avec la sortie de l'état d'Iḥrām. Car le sacrifice de la bête n'est pas obligatoire pour tous les pèlerins (obligatoire seulement pour le Tamattu' et le Qirān), tandis que la sortie de l'état d'Iḥrām concerne tous les pèlerins.
Ainsi, dès lors que tu as lancé les pierres à la Jamarat al-'Aqabah et que tu as rasé ta tête ou raccourci tes cheveux, tu es sorti du premier état d'Iḥrām (at-Taḥallul al-Awwal). Il est alors de la Sunna de te parfumer, de mettre tes vêtements normaux et d'effectuer le Ṭawāf al-Ifāḍah dans tes vêtements normaux. Lorsque tu as effectué le Ṭawāf al-Ifāḍah et le Sa'y du Ḥajj — si le Sa'y t'est dû (comme c'est le cas du Tamattu') — tu es sorti du second état d'Iḥrām complet (at-Taḥallul al-Kāmil).
Il n'y a donc aucun problème avec le fait de savoir ou non si le mandataire a sacrifié la bête ou pas encore. Et même si certains mandataires envoient un message sur le téléphone mobile indiquant que ta bête a bien été sacrifiée, cela permet à la personne d'en être informée, mais cela n'a aucune incidence sur la validité de la sortie de l'Iḥrām.
8- Le Ṭawāf al-Ifāḍah
La Sunna est ensuite de descendre à La Mecque pour effectuer le Ṭawāf al-Ifāḍah (on ne découvre pas son épaule droite ici et on ne trottine pas). Le Prophète ﷺ effectua ce Ṭawāf, pria deux unités après le Ṭawāf, s'arrêta auprès des porteurs d'eau qui lui tendirent son récipient, but de l'eau de Zamzam, puis pria la prière de Ẓuhr à La Mecque.
9- Le Sa'y du Ḥajj — La deuxième sortie de l'Iḥrām (At-Taḥallul al-Kāmil)
Le Prophète ﷺ ne fit pas le Sa'y après ce Ṭawāf car il l'avait déjà effectué après le Ṭawāf al-Qudūm la première fois. De même, ceux qui avaient la bête avec eux avaient fait le Sa'y après le Ṭawāf al-Qudūm. Et ceux qui avaient la bête étaient peu nombreux : parmi eux Ṭalḥa, 'Alī, Abū Bakr, 'Umar, Az-Zubayr, et Ahl al-Yasār comme dans le hadith de 'Ā'ishah, qu'Allāh les agrée tous.
Donc celui qui était en Qirān, il fait le Ṭawāf comme le Prophète ﷺ et ne fait pas le Sa'y. De même pour le Mufrid.
Quant au Mutamatti', il effectue le Sa'y du Ḥajj, car son premier Sa'y était celui de la 'Umra, et il fait dans ce Sa'y ce qu'on a mentionné dans le premier Sa'y.
10- Le retour à Minā
Ensuite, la Sunnah est que le pèlerin ne s'attarde pas à La Mecque mais retourne directement à Minā. Car le Prophète ﷺ revint immédiatement après la prière du Ẓuhr. Et ce qui apparaît, et Allāh sait mieux, c'est qu'il a trouvé que certains de ses Compagnons à Minā n'avaient pas encore prié le Ẓuhr, alors il pria avec eux le Ẓuhr en surérogatoire pour lui, puis s'arrêta pour les gens.
Ce jour-là, le Prophète ﷺ fut interrogé sur beaucoup de situations dans les rites du Hajj sur le fait de faire un rite avant un autre et inversement et il répondait à chaque fois :
On lui dit : « J'ai rasé les cheveux de jeter les pierres. » Il dit : « Fais, il n'y a pas d'inconvénient. » On lui dit : « J'ai fait le sacrifice avant de jeter les pierres. » Il dit : « Fais, il n'y a pas d'inconvénient. » On lui dit : « J'ai fait le Tawâf avant de faire le Sa'y. » Il dit : « Fais, il n'y a pas d'inconvénient. »
Le Prophète ﷺ ne fut interrogé ce jour-là sur rien d'avancé ou retardé sans qu'il ne dise : « Fais, il n'y a pas d'inconvénient. »
Les Jours de Tashrīq : le 11, 12, 13 de Dhul Ḥijjah
1- Le séjour à Minā
Le Prophète ﷺ passa cette nuit-là à Minā, il y passa la nuit entière ﷺ, et resta à Minā le jour. La Sunnah est donc que le musulman reste à Minā durant les jours de Tashrīq, nuit et jour, c'est la Sunnah du Prophète ﷺ.
Il est rapporté dans une narration que Cheykh Al-Albānī - qu'Allāh lui fasse miséricorde - a validée, selon laquelle le Prophète ﷺ descendait de nuit à la Maison Sacrée pour effectuer le Ṭawāf durant les nuits des jours de Tashrīq. Cette narration a été authentifiée par Cheykh Al-Albānī. Quoi qu'il en soit, ce qui m'apparaît, et Allāh sait mieux, est que cette narration est faible. Mais le Cheykh Al-Albānī est l'imam du hadith de notre époque, et il a établi que cette narration est authentique. Elle constitue une preuve pour les savants qui disent que le séjour obligatoire à Minā veut dire la majeure partie de la nuit. Car si l'on accepte que le Prophète ﷺ se rendait à la Ka'bah de nuit pour faire le Ṭawāf, cela signifie qu'il restait la majeure partie de la nuit et partait une partie de la nuit pour faire le Ṭawāf.
Cependant, la Sunnah, comme je l'ai dit, selon ce qui m'apparaît, et Allāh sait mieux, est de rester à Minā nuit et jour, jusqu'à ce que le soleil décline après le zénith le 11ème jour pour effectuer le jet de pierre.
Et il n'est pas permis au musulman d'accomplir une adoration avant le temps que lui a fixé le Prophète ﷺ. Et la grande majorité de la communauté, des Salaf et des Khalaf, s'accordent sur le fait que le jet des pierres n'a lieu qu'après le zénith (Zawâl).
2- Le jet des pierres le 11, 12 et 13 de Dhul Ḥijjah
Le pèlerin lance les pierres après le Zawâl (zénith) dans l'ordre suivant :
La première en venant de Minā. Il effectue le jet de pierre de l'endroit où il veut, car il n'y a pas de preuve fixant l'endroit de ce jet, il fait ce qui lui est le plus facile, en disant Allāhu Akbar à chaque pierre. Lorsqu'il termine, il avance et se rend sur le côté droit, afin de s'éloigner de la foule. Il fait ensuite face à la Qiblah, lève les mains et invoque Allāh longuement, c'est la Sunna du Prophète ﷺ.
Ensuite, il se rend à la Jamarat du milieu. Il effectue le jet des 7 pierres de l'endroit qui lui est le plus facile, en disant Allāhu Akbar à chaque pierre. Lorsqu'il termine, il avance et se rend sur le côté gauche, s'éloignant de la foule. Il fait face à la Qiblah, lève les mains et invoque Allāh longuement.
Il avance ensuite vers la Jamarat al-'Aqabah et il effectue le jet de pierre avec 7 pierres l'une après l'autre, en disant Allāhu Akbar à chaque pierre. Puis il repart sans s'arrêter pour invoquer.
3- L'enseignement et le Takbīr durant les jours de Tashrīq
Il est de la Sunna pour le pèlerin de faire beaucoup de Takbīr durant ces jours de Tashrîq. Et il fait partie de la Sunna pour l'étudiant en science de s'occuper à enseigner aux gens les rites du Ḥajj, car le Prophète ﷺ prononça le sermon le jour de l'Aîd et les jours suivants il enseignait aux gens.
C'est donc une Sunna pour l'étudiant en science qu'Allāh a gratifié du savoir de s'occuper à enseigner aux gens les rites du Ḥajj.
Il passe cette nuit-là à Minā, puis lorsque vient le 12 et le 13ème jour après le Zawāl, il fait ce qu'il a fait le jour du 11.
Le départ anticipé ou tardif et le Ṭawāf d'adieu (Ṭawāf al-Wadā')
1- Le départ anticipé ou tardif
Celui qui souhaite partir tôt, il n'y a pas de mal ni de reproche, et il peut quitter avant le coucher du soleil du 12ème jour. Et celui qui souhaite rester jusqu'au 13ème jour, c'est meilleur pour lui et c'est la Sunna de Muḥammad ﷺ. Il passe cette nuit-là à Minā, puis lorsque vient le 13 après le Zawāl, il effectue le jet de pierre sur les 3 Jamarāt comme il a fait les deux jours précédents, puis il quitte Minā.
2- Le Ṭawāf al-Wadā' (طَوَافُ الوَدَاعِ)
Et ce qu'il faut savoir, chers frères, est que lorsque le musulman quitte Minā, il ne lui est pas obligatoire de se précipiter vers le Ṭawāf d'adieu, que ce soit en partant tôt ou tard. Il peut rester à La Mecque un jour, deux jours, trois jours, quatre jours, cinq jours, autant qu'il le souhaite.
Puis lorsqu'il décide de quitter La Mecque, il effectue le Ṭawāf d'adieu obligatoirement selon la majorité des savants. Il prie ensuite deux unités, puis quitte La Mecque immédiatement après cela, afin que son dernier lien avec la Maison sacrée soit le Ṭawāf.
Et il est autorisé pour la femme en état de menstrues ou de lochies de ne pas faire le Ṭawāf d'adieu.
Et par cela le Ḥajj se termine, et telle est la description du Ḥajj complet.
Deux questions importantes
Il reste deux questions auxquelles je vais faire référence.
1- Première question : Quand les personnes faibles lancent-elles les pierres à la Jamarat al-'Aqabah ?
Le Prophète ﷺ a accordé aux personnes faibles de quitter Muzdalifah de nuit. Mais quand lancent-elles les pierres ? Les savants ont divergé sur cette question.
Parmi les savants, certains ont dit : elles lancent les pierres dès qu'elles arrivent, à n'importe quel moment où elles arrivent, que ce soit avant le Fajr ou après le Fajr. Et c'est l'avis de la majorité des savants, et c'est l'avis le plus juste. Car lorsqu'elles arrivent, elles effectuent le jet de pierres.
Les Compagnons à qui cela fut accordé comprirent cela, ils lançaient les pierres avant le Fajr ou au moment du Fajr. Cela est établi de certaines Compagnonnes. Et la sagesse indique également cela : car l'autorisation accordée aux personnes faibles de partir de nuit n'est pas pour le fait de faciliter le cheminement vers Minâ en lui-même, autrement le fait de rester jusqu'au Fajr leur aurait été plus facile. Mais elles ont été autorisées à partir de nuit pour le jet des pierres, afin que les personnes fortes ne se pressent pas sur elles. Donc l'opinion la plus solide est qu'elles lancent dès qu'elles arrivent à la Jamarat. Et si elles retardent cela de leur propre chef jusqu'au lever du soleil, c'est préférable. Mais il leur est permis de lancer les pierres avant.
Et certains savants ont dit : il ne leur est pas permis de lancer avant le lever du soleil, car le Prophète ﷺ tapotait les cuisses d'Ibn 'Abbās et de ceux qui étaient avec lui en disant :
Ce hadith a fait l'objet de divergences parmi les savants, certains l'ont affaibli, d'autres l'ont authentifié. Ce qui apparaît, et Allāh sait mieux, est qu'il est authentique.
Mais il est fondé sur l'orientation vers ce qui est plus facile pour eux, car ils sont jeunes. Et ce qui apparaît est que le jeune enfant, lorsqu'il lance, le fait entre le jet de ceux à qui il a été accordé parmi les personnes faibles et le jet des personnes fortes. Car les personnes fortes commencent généralement à lancer après le lever du soleil et avant le temps de Ḍuḥā. Donc si la personne faible fait cela, c'est préférable. Et si elles lancent avant, c'est permis selon l'avis le plus solide parmi les savants.
2- Deuxième question : Celui qui est sorti de son état d'Iḥrām le jour de l'Aîd et est allé en direction de Makkah pour effectuer le Ṭawāf al-Ifāḍah, puis a été surpris par le coucher du soleil sans avoir pu faire le Ṭawāf, doit-il retourner en état d'Iḥrām ?
Si le pèlerin est sorti de son état Iḥrām le jour de la fête et est descendu pour effectuer le Ṭawāf al-Ifāḍah, mais a été surpris par le coucher du soleil sans avoir pu atteindre la Maison Sacrée en raison de la foule, doit-il retourner en état d'Iḥrām ?
La réponse : ce sur quoi s'accordent la majorité de la communauté, des Salaf et des Khalaf, est qu'il ne retourne pas en état d'Iḥrām. Et c'est l'avis juste.
Nous disons : la majorité des Salaf, car il n'est pas rapporté des Salaf qu'il retourne en état d'Iḥrām, hormis ce qui est venu de 'Urwah ibn az-Zubayr, qu'Allāh l'agrée. Quant aux savants des générations suivantes, ils ont transmis le consensus sur le fait qu'il ne retourne pas en état d'Iḥrām. Et il n'y a aucun doute que ce consensus est établi, car nous avons examiné les paroles des savants parmi celles qui nous sont parvenues, et nous n'avons trouvé personne parmi les savants qui ait dit qu'il retourne en état d'Iḥrām.
Et il est inconcevable légalement que la vérité disparaisse à la communauté durant l'une des époques, car le Prophète ﷺ a informé qu'une fraction de sa communauté demeurera sur la vérité de façon manifeste. Il faut donc nécessairement que la vérité soit manifeste. Et il n'est pas acceptable qu'un dise : « Peut-être que quelqu'un l'a dit et que nous ne le savons pas. » Car la vérité ne peut pas se cacher à la totalité de la communauté de Muḥammad ﷺ.
Quant au hadith rapporté du Prophète ﷺ qui dit :
J'ai cité ce hadith dans son sens. Ce hadith a fait l'objet de divergences parmi les savants quant à son authenticité, certains l'ont affaibli et d'autres l'ont authentifié. Et il n'y a aucun doute qu'il contient une faiblesse, car même ceux qui l'ont authentifié, parmi lesquels le grand et éminent imam, le Cheykh Al-Albānī, reconnaissent qu'il y a une faiblesse dans sa chaîne de transmission et que son authentification n'est qu'une authentification par d'autres voies. Et c'est pourquoi le Cheykh Nāṣir Al-Albānī, qu'Allāh lui fasse miséricorde, l'affaiblissait au début, puis dit ensuite qu'il est authentique par d'autres voies de transmissions. Et ce qui apparaît, et Allāh sait mieux, c'est que le hadith est faible, que ce hadith ne peut être retenu comme preuve.
Et ce qui témoigne de sa faiblesse est que la communauté s'est unanimement accordée à l'abandonner. Et les savants érudits du hadith ont mentionné que le hadith lorsque la communauté s'accorde unanimement à l'abandonner, c'est une preuve qu'il contient une cause qui prouve sa faiblesse, même si nous ne connaissons pas cette cause. Et qu'en est-il, alors que nous avons découvert certaines causes, deux causes invalidantes dans la chaîne de transmission de ce hadith.
Donc ce qui apparaît, et Allāh sait mieux, est que celui que le coucher du soleil a surpris alors qu'il s'était déjà désacralisé et n'avait pas encore effectué le Ṭawāf al-Ifāḍah, ne retourne pas en état d'Iḥrām, ni obligatoirement ni par recommandation. Il reste dans son état désacralisé comme il lui est prescrit, effectue son Ṭawāf et reste dans ses vêtements.
Conclusion
C'est ce qui m'a été facilité de vous enseigner en cette occasion, et ce qu'il m'a été facilité de mentionner en guise de rappel pour mes frères et d'enseignement pour celui qui ne sait pas. Qu'Allāh accorde à mes frères la réussite d'agir selon cette description dans la mesure de leurs capacités. Car telle est la description du Ḥajj du Prophète ﷺ et en elle se trouvent le bien, la bénédiction et l'agrément.
Je demande à Allāh de faciliter aux pèlerins leur Ḥajj, de le leur bénir, d'en faire un Ḥajj Mabrūr agréé, de leur pardonner leurs péchés, de les protéger sur le chemin aller de leur Ḥajj, durant leur Ḥajj, et sur le chemin du retour vers leurs foyers, et de les ramener sains et saufs dans leurs foyers avec le butin spirituel. Et qu'Il récompense celui qui n'a pas accompli le Ḥajj par quelque chose de meilleur, qu'Il lui pardonne et lui inscrive la récompense.
Et je donne la bonne nouvelle aux croyants qui aspirent sincèrement au Ḥajj avec une ferme détermination, mais que les obstacles en ont empêchés : il est à espérer d'Allāh qu'Il leur inscrive la récompense de ce qu'ils ont eu l'intention d'accomplir. Car les preuves de la Sunnah indiquent cela. Parmi celles-ci, le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui va se coucher avec l'intention de se lever la nuit pour prier, mais dont le sommeil l'a emporté jusqu'au matin, la récompense de ce qu'il a eu l'intention de faire lui est inscrite. »
Donc celui qui a eu l'intention sincère du bien avec une ferme détermination, mais que les obstacles en ont empêché, il lui est annoncé la bonne nouvelle qu'il lui sera inscrit, si Allāh le veut, la récompense de ce qu'il avait l'intention d'accomplir, tant que son intention était sincère et que ce sont uniquement les obstacles qui l'en ont empêché.
وَاللَّهُ أَعْلَمُ وَصَلَّى اللَّهُ عَلَى مُحَمَّدٍ وَسَلَّمَ — Et Allāh est le Plus Savant, que la prière et la paix soient sur Muḥammad.
